Une équipe franco-tunisienne de psychanalyse urbaine composée d’étudiants de l’École de l’Acteur du Théâtre National Tunisien (TNT), accompagnée de spécialistes de l’Agence Nationale de Psychanalyse Urbaine (ANPU) a psychanalysé Tunis en juin 2015.
Cette équipe de 16 spécialistes a sillonné les rues de Tunis pour observer ce que nous ne voyons plus, par habitude, de notre espace urbain en suivant les protocoles d’observation de l’ANPU.
En parallèle, plus d’un mois d’analyse minutieuse des médias a été réalisé pour « observer aussi les observateurs ». Suite à cela, trois opérations Divan ont été organisées dans trois quartiers : Halfaouine, La Goulette et Les Berges du Lac. Les passants ont été invités par des étudiants comédiens du TNT à s’allonger sur des chaises longues pour répondre à un questionnaire sur la ville de Tunis.
Des rencontres avec des experts ont également été programmées : Noureddine Kridis, docteur en psychologie de la communication, Elyes Hasni, spécialiste en architecture durable, Myriam Fadhel et Othman Khaled, duo d’architectes utopistes, Anouar Labidi, photographe urbain, Azyz Amami, activiste et cyber-activiste, et Kmar Bendana, docteur en histoire, ont apporté une touche plus « théorique » à l’expérience.
S’en sont suivis de longs et âpres débats entre les psychanalystes urbains autour des diagnostics et traitements proposés, jusqu’à la restitution des résultats finaux place Halfaouine, dans la soirée du vendredi 19 juin 2015.
Ce processus entre performance et réalité a permis à l’équipe de psychanalystes urbains de (re)découvrir cette ville et ses habitants et de l’identifier de l’intérieur, à partir de ses rues, de ses activités, de ses énergies et de ses maux.
Dans son travail d’observation et d’analyse, l’équipe a été traversée par la ville, ce qui lui a permis de cesser d’être « extérieure » et de la contempler comme un phénomène. Les psychanalystes urbains ont choisi d’expérimenter la ville et ont tous identifié un problème de dualité, d’où la nécessité d’une « greffe » à plusieurs niveaux pour dépasser la poly-schizophrénie diagnostiquée. A la fois narcissique et dépressive, Tunis a besoin de se réconcilier avec elle-même ?